— Certaines… anecdotes qui m’ont prouvé que la maison de Mme de Vausennes n’est pas de celles où puisse être vue une fille bien élevée comme la tienne ; car les habitudes, les conversations, les hôtes doivent lui en demeurer totalement étrangers.
— Comment le sais-tu ? A peine, tu es allé deux ou trois fois chez elle.
Brièvement, il dit :
— Une personne qui porte un sincère intérêt à Guillemette m’a parlé à ce sujet et m’a prié de t’avertir de ce que tu ignorais sans doute.
Mme Seyntis a joint les mains sur le rebord de son métier et regarde, perplexe et désolée, les lointains de la mer qui se voilent sous le crépuscule de septembre. Dépitée, elle s’écrie dans son désarroi :
— Mais enfin, Mme de Vausennes n’a pas plus mauvais genre, à sa façon, que Nicole, par exemple… Nicole, que tu considères comme une femme du monde… que je reçois… Après tout, ta rigidité trouve peut-être que j’ai tort de le faire !
René a un involontaire geste d’irritation.
Il lui demeure insupportable d’entendre blâmer Nicole. De son amour autrefois, il lui reste au cœur une pitié tendre pour elle, un désir de la protéger contre elle-même et les autres… Et à l’attaque de sa sœur, il répond :
— Pourquoi la repousserais-tu ? la pauvre Nicole. Elle est tant à plaindre… si jeune et si seule…
Quelque chose dans l’accent de son frère éveille chez la douce Mme Seyntis des instincts combattifs :