— Seule ? Elle a des parents excellents, dévoués, qui ne demandent qu’à être toujours auprès d’elle !…

— Oui… mais ce ne sont pas ses parents qui devraient se trouver près d’elle…

— Son mari, veux-tu dire ? Pour ce qu’elle tient à lui ! Elle se laisse consoler, en tous cas, de leur rupture !… Mais ce n’est pas de Nicole qu’il s’agit !

— Non, c’est de Guillemette.

— Oui, de Guillemette que tu crois devoir honorer de ta protection puisque, à ton gré, son père et moi ne suffisons pas à cette tâche.

Il lui jette un coup d’œil stupéfait. Sa sœur presque agressive, c’est pour lui une inconnue. Il a l’intuition que, dans son amour-propre maternel, elle est froissée, inconsciemment jalouse… De quoi ? de la preuve de sollicitude qu’il vient de donner à Guillemette ?

— Marie, il est impossible que, sérieusement, tu me saches mauvais gré de prendre intérêt à ta fille ?

— Je trouve seulement que tu es peut-être encore un peu jeune pour jouer auprès d’elle ce rôle superflu de tuteur… Voilà tout…

II éprouve la bizarre impression d’un choc violent qui le blesse. Repoussant son fauteuil, il se lève :

— Si tu penses cela, Marie, il ne me reste plus qu’à te prier de recevoir mes excuses pour m’être mêlé de ce qui ne me regardait pas, en effet… Je croyais que mon affection pour tes enfants, pour ta fille, m’autorisait à être à leur égard une espèce de frère aîné. Je me suis trompé. N’en parlons plus !