— Bien avant d’aller au mariage de Guillemette, nous irons au tien, mon cher grand… Et je voudrais de tout cœur que ce fût bientôt…

Un geste d’impatience échappe à René et il se met à arpenter la pièce que le crépuscule ombre d’une cendre grise.

— Oh ! Marie, Marie, je t’en supplie, ne me persécute pas ainsi…

— Mais, mon ami, je ne veux que ton bonheur, tu le sais bien ! Quand tu es arrivé en France, tu paraissais tellement désireux de te créer bien vite un foyer !

Il s’adosse à la cheminée, les bras croisés :

— Quand je suis arrivé en France, j’étais devenu quelque peu un sauvage, j’imagine ; par suite, un être très primitif et j’étais naïvement persuadé que rien ne me serait plus facile que de rencontrer la jeune fille pourvue de qualités de tout repos qui répondrait à mon idéal de l’épouse…

— Eh bien ?

— Eh bien, en m’abandonnant à cette illusion, j’étais parfaitement aveugle et j’en suis aujourd’hui bien convaincu !

Elle arrête sur lui des yeux saisis et, dans l’ombre grandissante, cherche à deviner sa pensée sur son visage.

— René, tu plaisantes ? n’est-ce pas…