— En ce moment, qu’est-ce donc qui finit ? Guillemette, interroge-t-il machinalement, étreint par la tentation douloureuse de l’attirer dans ses bras comme une enfant adorée, qu’il emporterait jalousement pour en faire son bonheur…
— Ce qui finit maintenant ?… Notre vie telle qu’elle a été depuis deux mois…
— A Paris, Guillemette, vous serez encore ma bien chère petite amie… comme ici…
— A Paris, mon oncle, vous serez pris par votre service, par le monde, et, un jour ou l’autre, par la tante parfaite que vous m’aurez enfin découverte !…
— Comme vous, bientôt, par le neveu parfait que vous me réservez…
Les mots lui sont échappés parce qu’il lui semble impossible de partir sans avoir entrevu un peu ce qu’elle pense… Que va-t-elle répondre ?
Maintenant, ils reviennent vers Houlgate, estompé dans un brouillard gris, comme la mer, comme le ciel qui s’embrume. L’apothéose, au couchant, s’est éteinte dans les eaux.
Guillemette marche le front penché.
— Vous avez raison, mon oncle, nous allons tous les deux vers un tournant de notre vie… Mais ce neveu parfait qui sera mon mari, je sais que j’aurai une peine infinie à le rencontrer… Encore plus, maintenant que je vous connais !
— Pourquoi ? Guillemette…