Elle n’a pas relevé sa réflexion, si elle l’a entendue. Silencieuse, elle avance près de lui, ses fleurs dans les bras. Ils sont maintenant sous le couvert des arbres, devant la vieille maison de l’Infante, et vont distraits des choses extérieures. Au souffle de la mer, encore invisible, des feuilles cuivrées et pourpres volent autour d’eux comme de larges papillons superbes qui viennent s’écraser sur le sol.
Brusquement, Nicole reprend :
— Ah ! René, que vous êtes heureux d’être un croyant… Ce doit être une si grande force et une si grande consolation !
Très simple, il dit :
— Oui, vous avez raison… Je l’ai senti aux heures les plus douloureuses de ma vie… Et je ne puis l’oublier.
Elle a la pensée que les heures dont il parle sont peut-être celles qu’il a connues par elle… Mais ce passé-là aussi est bien mort… Il faut le laisser dormir en paix.
Elle songe tout haut, avec une espèce de gravité désespérée :
— Je crois… j’en suis arrivée à croire que certains esprits ont été créés de telle sorte qu’ils ne peuvent perdre leur foi ; que d’autres, au contraire, n’auront jamais une foi semblable, quoi qu’ils rêvent, quoi qu’ils fassent !
— Nicole, à mon très humble avis, c’est qu’ils veulent discuter, essayer de comprendre ce qui est l’Incompréhensible pour nous autres humains…
Elle murmure :