— Pourquoi ?…
— Parce que vous ne m’aimez pas…
Il murmure, ivre du baiser dont le goût est encore sur sa bouche :
— Nicole, j’ai soif de vous… Et depuis tant d’années…
Mais elle ne semble pas l’entendre et achève, de la même voix basse :
— Et moi… moi non plus, je n’ai pas d’amour pour vous… Seulement une grande affection…
Il recule, atteint comme si elle l’avait frappé. Pourtant ce qu’elle dit là, depuis longtemps, il en est certain. Il laisse rudement retomber les deux mains de la jeune femme, serrées dans les siennes.
— Vous n’avez pas d’amour ?… Rien d’étonnant à cela… Mais alors quelle comédie me jouez-vous depuis huit jours ? Pourquoi avez-vous été pour moi… ce que vous vous êtes montrée cette semaine ?… C’était un jeu ?
Elle secoue la tête. Dans son visage sans couleur, les lèvres se contractent.
— Non… ce n’était pas un jeu… Mais une vilaine action que je me suis mise sur la conscience.