Il hésite une seconde. Les mots lui paraissent si difficiles à prononcer !

— … Parce que vous aimez toujours votre mari…

— René !!… Oh ! taisez-vous !… taisez-vous…

Mais quelle créature serais-je donc, si je l’aimais encore après tout… tout ce qui s’est passé entre nous !

— Si vous ne l’aimiez plus, puisque vous vous considérez comme libre de disposer de vous-même, vous n’auriez pas cette horreur d’appartenir à un autre…

L’orage s’apaise en lui, y laissant la honte de ce qu’il a souhaité avec le besoin intolérable de se relever dans sa propre estime.

Et il poursuit avec une grave sincérité d’accent qui la domine, où vibre l’écho de son émotion :

— Nicole, je ne suis guère qualifié pour vous donner un conseil… Mais je vous le dis, comme je le crois… Nicole, il faut vous réconcilier avec votre mari…

— C’est-à-dire, reprendre le joug, les scènes, les défiances, les jalousies… Je ne veux pas… Oh ! non, je ne veux pas !!… Quand j’aurai, enfin ! le divorce, je recommencerai ma vie…

— Il faut, dès maintenant, la recommencer, la recommencer avec lui… Croyez-moi…