L’onde émouvante du souvenir frémit en lui.

— Je sais… Une lettre de ma tante d’Harbourg à maman a raconté la chose… Nicole est toujours aussi belle ?

— Très belle.

— Comme elle était ici ?…

— Oui…

Ah ! que la vision est encore vivante en lui du visage qu’il a tenu, pâli, entre ses mains ; des yeux voilés par les paupières qui, sous les cils, laissaient filtrer les larmes ; des lèvres qu’il a follement baisées… Et quelle reconnaissance il garde à Nicole, parce qu’elle n’a pas permis que l’Ineffaçable s’accomplît entre eux !…

La voix de Guillemette s’élève, avec l’accent de la réflexion bien plus que de l’interrogation :

— Alors, puisqu’elle est toujours la même, vous avez dû trouver délicieux le séjour près d’elle… Vous êtes-vous promenés beaucoup ensemble ?

— Nous avons fait plusieurs excursions. M. et Mme d’Harbourg désiraient la distraire…

— La distraire ?… De quoi ?…