Pourtant, il reste immobile… Dans la solitude de ce jardin où le seul bruissement de la brise à travers les sapins vibre dans le silence, il la sent trop bien confiée au respect qu’il a de sa jeunesse, à la tendresse fervente, forte, infinie, qu’elle a éveillée au plus profond de son âme et dont, maintenant, il ne peut plus renoncer à chercher l’écho…
Mais elle lui est encore si mystérieuse !… voilée par le secret de son cœur qu’il ignore et que gardent bien les prunelles lumineuses qui ont une beauté d’aurore, tandis qu’elle murmure, serrant autour d’elle, étroitement, les plis roses de l’écharpe :
— Tout est bien ainsi… Je vous remercie de ce que vous me donnez…
Leurs âmes sont très proches, en cette minute dont la douceur est si puissante qu’elle les isole dans un monde où tout ce qui n’est pas eux leur devient étranger…
Et ils ont le même sursaut d’êtres réveillés soudain, en entendant tinter bruyamment la cloche de la grille.
René se retourne.
Par-dessus les massifs que sa haute taille domine, il aperçoit un uniforme de la poste.
Une dépêche que l’on apporte.
Il en arrive, certes, souvent aux Passiflores. Et cependant, pas une seconde, René ne doute que celle-là ne renferme la nouvelle qu’il attend, qu’il redoute depuis la lettre lue à Bayonne.
Un domestique apparaît dans l’allée.