Elle a senti son hésitation devant les mots qu’il doit dire ; elle a vu l’altération du visage et répète avec une anxiété impérieuse :
— Mon oncle, qu’y a-t-il ?… Répondez-moi…
— Votre père s’est trouvé souffrant… La fatigue, sans doute… Il vaudrait mieux que votre mère soit auprès de lui. Je vais l’avertir afin qu’elle puisse partir par le prochain train.
Elle n’a pas une larme, pas une exclamation. Mais son visage paraît soudain modelé dans la cire pâle ; et ses lèvres, contractées, murmurent seulement :
— Mon Dieu !… mon Dieu !…
Puis, ses yeux plongent désespérément dans ceux de René :
— C’est bien la vérité que vous me dites là ? mon oncle… Il n’y a rien de plus dans cette dépêche ?… Il est seulement… malade… Est-ce grave ?
— Je vous jure, mon enfant chérie, que la dépêche n’en dit rien. Elle est envoyée par Victor qui réclame la présence de votre mère…
— Oh ! annoncer cela à maman !… Comment allez-vous faire ? mon oncle.
D’instinct, tous deux lèvent la tête vers le balcon sur lequel s’ouvre la chambre de Mme Seyntis. Et un choc les fait tressaillir… Elle y est arrêtée, les observant avec une expression singulière… Pourtant, elle n’a rien entendu de leurs paroles ; ses traits ont leur calme sérénité coutumière.