— Voulez-vous lui demander si elle peut me recevoir ?
— Je vais m’informer. Si Monsieur veut entrer.
La femme de chambre entr’ouvre, devant lui, la porte du salon. Mais il s’arrête aussitôt sur le seuil. Guillemette elle-même est là, debout devant la cheminée, arrangeant des fleurs ; si absorbée, qu’à peine elle tourne un peu la tête, au bruit de la porte.
A la vue de René, une lumière éclaire tout son visage.
— Oh ! mon oncle !
Et elle avance vers lui, les mains tendues :
— … Quelle bonne idée d’être venu ce matin !… Et vous êtes en tenue ?… C’est complet… J’aime beaucoup, savez-vous, à vous voir en soldat !
— Je ne vous connaissais pas si ardente patriote, Guillemette, fait-il, baisant les mains fines, d’un geste qui pourrait sembler de pure courtoisie.
Elle a un léger rire et riposte, avec un éclair de sa drôlerie d’antan :
— Ce n’est pas par patriotisme… C’est parce que je trouve que ça vous va bien !