Au bout d’un instant, certaine de sa victoire, c’est elle qui reprend d’un ton de confidence :

— Il est plutôt stupide, ton André, n’est-ce pas ?

— Mais non ! mais non ! fait-il, paternel. C’est un gentil petit cancre. C’est rare même qu’il me fasse un devoir aussi idiot que celui-ci ! Aussi, c’est… embêtant tout de même qu’il rate cet examen !

Gamine, elle répète drôlement :

— Embêtant pour lui ?

— Et pour moi !… Les parents sont des êtres bâtis de telle sorte qu’ils nous rendent invariablement responsables des insuccès de leur progéniture.

Madame mordille sa lèvre, et, d’un ton raisonnable, approuve :

— Ça, c’est vrai !… Enfin, tant pis, puisque nous n’y pouvons rien… Et penser que notre Jacques nous donnera peut-être, un jour, des émotions comme celles de la pauvre Mme Seyntis ! Il est vrai que, sûrement, ce sera un bûcheur comme son papa !

Et elle a un regard caressant vers son seigneur et maître. Ce regard glisse ensuite vers la chambre, riante en ses tentures de voiles de Gênes, où le poupon sommeille sous le tulle de ses rideaux, près du grand lit conjugal, préparé pour la nuit.

M. et Mme Rochet, rapprochés sur leur balcon, oublient, cette fois, tout à fait André et son bachot.