— Je le pense ! Mais j’espère bien, quoi que vous en disiez, que nous n’aurons pas à nous réconcilier !… C’est étonnant, toutefois, comme vous ressemblez peu à votre mère !
— Sûrement, à mon âge, maman valait mieux que moi, reconnaît Guillemette avec conviction. Je voudrais être à sa hauteur, mais c’est impossible ! Les éléments font défaut. Maman est comme vous, mon oncle, taillée dans de l’étoffe de sagesse !
René rit gaiement :
— Guillemette, je crains que vous ne vous illusionniez, quant à la valeur de mon étoffe qui doit être bien tramée, comme on dit, je crois.
— Parfaitement, mon oncle. Tant mieux si vous n’êtes pas si sage que je le craignais. Une chose certaine, c’est que vous ne me faites plus, autant qu’il y a quatre ans, l’effet d’un monsieur respectable !
— Ah ! tant mieux ! s’écrie René un peu réconforté, car il éprouvait un vague agacement à se voir juché sur un piédestal de vertu et d’austérité par cette malicieuse fillette.
— Guillemette, à mon tour, je vous adresse une demande. Ne me traitez pas en vieux monsieur, mais en camarade !
— Oh ! pour cela, mon oncle, ce serait trop irrévérencieux. Mettons, si vous voulez, en ami !
— C’est cela, nous serons amis… Mais des amis doivent bien se connaître et, pour moi, qui viens de si loin, vous êtes le mystère. Ne prenez pas mes paroles pour un mauvais compliment, mais pour un simple désir de me renseigner… Guillemette, je m’imagine que vous êtes terriblement coquette !
Elle rit et son jeune visage a une indéfinissable expression :