— Vous me supposez donc bien ignorante ? monsieur André.

A l’accent de la voix, André prend conscience qu’il a dit une sottise, devient très rouge et patauge :

— Oh ! non ! mademoiselle… Je pensais seulement que vous étiez comme Guillemette qui ne sait rien !

— André ! fait encore Mademoiselle, toute confuse.

Sa protestation est perdue pour tous, car de larges gouttes viennent s’écraser sur les parapluies, ouverts en hâte.

Une nouvelle averse éclate, drue, jetant le désarroi dans le break où les promeneurs s’efforcent de s’envelopper dans les manteaux prudemment emportés. Mais le vent est violent, les parapluies se heurtent et les mouvements sont difficiles.

Louise de Mussy, qui ne pense plus à Madagascar, s’exclame, entre les dents :

— Quel temps ! Quel temps ! Aussi c’était insensé de se mettre en route ! Je ne peux pas tenir mon parapluie !

— Voulez-vous, mademoiselle, me permettre de vous abriter ? demande René, peu flatté de voir traiter d’« insensée » une promenade dont il a eu l’idée.

— Ce serait, en effet, plus commode. Clotilde, recule-toi, que M. Carrère se mette près de moi ! Tu me fais goutter dans le cou l’eau de ton parapluie !