— Comme vous êtes pressés ! Il n’est que cinq heures !
— Chère madame, nous ne sommes pas chez nous. Pensez que nous avons encore plus d’une heure de voiture à faire !
Mme Seyntis le pense très volontiers, et n’insiste pas pour retenir davantage ses hôtes. En vérité, malgré sa vaillance, elle commence à être accablée sous le poids des histoires que Mme de Mussy lui a versées sans relâche.
....... .......... ...
Une demi-heure plus tard.
— Ouf ! Ouf ! Les voilà partis ! fait Guillemette sautant comme un bébé au milieu du salon. Je me sens enragée ! Mon oncle, vous n’êtes pas enragé ?
René qui rentre, après les derniers saluts aux de Mussy, la regarde, un peu ahuri.
— Pourquoi, Guillemette, pourrais-je me trouver en pareil état ?
— Pourquoi ?… Mais parce que c’est épouvantable de recevoir des indifférents pendant des heures, un dimanche, quand il pleut !… Oh ! que j’ai besoin de faire des folies ou de remuer !… Oncle, soyez délicieux pour que je vous pardonne de vous être moqué de moi, condamnée à jouer aux dominos ! Venez faire un tour sur la plage, n’importe où vous voudrez, à Beuzeval !… Grimpons sur la falaise ! Mais pour l’amour du ciel, bougeons, bougeons !…
— Guillemette !… vous êtes pareille au salpêtre, quand vous vous y mettez !… Il ne vous suffit pas d’avoir été trempée tantôt et d’avoir fait tremper Mlles de Mussy ?