— Si tu le désires, mon ami, je dirai à Céline de les y remettre demain.
— Oh ! puisque la maladresse est commise, ne changeons rien. Tu mets cette robe-là, ce soir ?… Une robe noire !… C’est bien foncé. Tu sais pourtant que je préfère les robes de couleur !
— Mais, Charles, ma robe est toute perlée de jais… Elle n’est pas sombre !
— Bien… bien, ma bonne amie. Habille-toi comme tu l’entends. Je n’y connais rien. C’est convenu !
Un silence. Mme d’Harbourg sort quelques bibelots de son sac. La pendule sonne la demie de six heures. M. d’Harbourg rejette son journal.
— Eh ! Eh ! si tard déjà ? Il faut que je m’habille. Pauline, ma chère amie, veux-tu bien sonner Alfred pour qu’il m’apporte mes souliers vernis.
— Charles, ils sont là, près de toi.
— S’ils y étaient, je ne les demanderais pas. Je ne suis pas un idiot !
Sans relever cette imprudente déclaration, Mme d’Harbourg se penche et prend les escarpins à côté du fauteuil de Monsieur, qui ne dit mot, ne pouvant ni ne voulant se tenir pour « un idiot ».
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