Très doucement, il interroge :
— Nicole, pour votre bonheur, ne vaudrait-il pas mieux… pardonner ?
— Oh ! cela, jamais !… Vous l’avez dit tout à l’heure… Ce qui est fini est fini et ne ressuscite pas… Quand bien même le regret du passé déchirerait le cœur, finit-elle si bas qu’il l’entend à peine.
Ses mains, dont les bagues scintillent, sont un peu crispées sur ses genoux, d’un geste d’angoisse qui lui est devenu familier.
Sous le reflet de lune, il distingue mieux l’expression tragique de son beau visage. Est-ce donc la même femme qui causait, si libre d’esprit, semblait-il, avec Hawford ?
Quelle tempête gronde en son cœur et pourquoi la lui laisse-t-elle voir, dès les premières heures de leur réunion, avec cette indifférence hautaine de ce qu’il en pensera ?
Ah ! pas mieux qu’autrefois, il n’arrive à la comprendre… Comme elles lui sont inconnues, ces âmes de femme, troublées, compliquées, rebelles aux vieilles lois que, tout jeune, sa mère, sa sœur, lui ont appris à respecter ?…
Pour Nicole, il éprouve à cette heure le sentiment que lui donnerait le péril d’une créature jadis précieuse infiniment ; et il murmure :
— Pauvre ! pauvre Nicole !
Elle lève la tête vers lui. Il rencontre un regard dont l’expression est indéfinissable ; et, la voix chaude, jette avec une sorte d’ironie :