Et elle indique Guillemette qui écoute, les prunelles attentives. Ce pourquoi, Mme Seyntis est sur des épines. Mais comment arrêter la chanoinesse, laquelle poursuit avec dédain :

— Quand on a l’âge de cette fillette, on peut croire à toutes ces fariboles des cœurs qui se cherchent, se confondent, sont indispensables l’un à l’autre, etc. Mais quand on arrive comme moi au chiffre canonique et vu bien des hommes, on est tout à fait convaincue qu’il n’y en a pas un qui vaille la peine qu’une femme lui sacrifie toute sa vie !

Le clan masculin proteste :

— Vous êtes dure, madame.

Le jeune ménage de Coriolis paraît convaincu que la chanoinesse parle de l’amour comme un aveugle des couleurs.

La voix de Nicole domine les exclamations — sa belle voix de contralto, un peu railleuse en ce moment :

— Alors, madame, vous ne croyez pas qu’on puisse vivre et, parfois même, mourir de l’amour ?

La chanoinesse haussa les épaules :

— Petite, petite, vous êtes jeune encore ! L’amour, vous avez raison, on en peut vivre — et mourir aussi ! Pour peu que l’individu amoureux ait une très mauvaise santé…

De nouveau, les protestations jaillissent. En sa pensée, Mademoiselle est choquée autant que Mme Seyntis. Elle aimerait mieux être hors du salon et avoir entraîné Guillemette qui ne perd pas une parole.