— Ah ! ma bonne Pauline, je te plains bien ! dit affectueusement Mme Seyntis.

— Tu le peux, Marie… C’est dur de vivre !

Mme Seyntis est trop consciencieuse pour ne pas remarquer :

— Il y en a encore de bien plus malheureuses que nous, Pauline.

Mais Mme d’Harbourg regimbe devant cette déclaration :

— Tu peux dire cela, Marie, parce que tu n’as pas connu l’épreuve d’être atteinte dans le bonheur de ton enfant.

— C’est vrai… Mais je t’assure que tous nous avons nos soucis.

— Oh ! est-ce que Guillemette ?…

— Non, non, Guillemette n’est pas en jeu. Grâce au ciel, elle est encore une petite fille qui ne me donne pas de tracas… Non, je suis ennuyée de Raymond. Il est nerveux, il a l’air préoccupé ; et il ne veut prendre aucunes vacances sous prétexte qu’il a des affaires très importantes. Si encore il se reposait tout à fait pendant les jours qu’il passe ici ! Mais tout le temps, on lui télégraphie, on lui téléphone. Je ne m’étonne pas que sa pauvre tête, bourrée de chiffres, lui soit douloureuse cet été !

— Oui, c’est ennuyeux ! dit Mme d’Harbourg.