En ce moment, elle se sent satisfaite parce qu’il est loin de la jeune femme, et à quelques pas d’elle-même. Mais levant la tête vers lui, elle a un tressaillement d’impatience, car elle constate que, comme elle, il remarque le groupe de Nicole et d’Hawford.
Mme de Miolan est sortie de sa songerie. Elle vient de répondre au peintre avec un petit rire qui a tinté dans l’air chaud ; et ni l’un ni l’autre ne paraissent disposés à se rapprocher de leurs compagnons de promenade.
— A quoi pensez-vous avec cette mine attentive ? Guillemette.
C’est René qui l’interroge brusquement :
— Je m’instruis, mon oncle.
— Sur…?
— Sur la facilité avec laquelle les hommes peuvent être séduits… Il y a cinq jours que Francis Hawford est à Houlgate.
René commence à être trop habitué aux désinvoltes aperçus de sa nièce pour s’effaroucher, comme aux premiers jours. Mais avec le souci d’écarter les pensées malsaines du jeune esprit de Guillemette, il dit tranquillement, les sourcils rapprochés, cependant :
— Hawford est un artiste, c’est pourquoi il a été si aisément subjugué par la beauté de Nicole…
— Oh ! mon oncle, pour cela, il suffit d’être un homme !