Justement, Madeleine remarquait tout haut sa présence.

Et à ma grande surprise, moins grande que mon plaisir, Guy a répliqué sans cérémonie :

— Partons avant qu’elle nous voie. Je crains ses réflexions sur le concert d’aujourd’hui.

— Pourquoi ? ai-je demandé étonnée.

— C’est une profane en musique… et j’ai aussi peur des appréciations fausses que des notes discordantes.

— Si elle n’aime pas la musique, pourquoi vient-elle au Conservatoire ?

— Bah ! que ne font pas les femmes, par chic !

Guy plaisantait, bien sûr, car autrement il n’aurait pas parlé de la belle Jeanne avec cette désinvolture. Mais une chose certaine, c’est qu’il n’est pas allé auprès d’elle ; il est resté avec nous. J’aurais bien voulu revenir à pied à ses côtés, comme le jour de notre promenade à Notre-Dame ; mais avec Madeleine, il n’y fallait pas songer, et j’ai dû me contenter d’être mise en voiture par lui.

23 décembre.

Il faut vraiment que je l’écrive en toutes lettres pour le croire ! Nous nous sommes fâchés pour de bon, Guy et moi… Et parce que je voulais mettre en pratique une sage résolution ! Aussi, maintenant, je me méfierai ferme des bons conseils et des sages résolutions…