— Parce que vous êtes une bonne amie, bien sincère, bien fidèle.
Il m’a dit cela très doucement, avec la même expression dans les yeux, et j’en ai eu chaud au cœur, de plaisir.
Puis il a continué :
— Vous ne m’avez pas répondu, Arlette ; vous paraissez désirer que je travaille. Pourquoi ?
— Parce qu’il me semblait que tous les hommes devaient le faire. J’ai tant de fois entendu papa le répéter à mes frères et leur montrer l’exemple !… Mais peut-être, à Paris, n’est-ce pas ainsi qu’à Douarnenez…
Le visage de Guy était sérieux comme je ne l’avais jamais vu.
— A Paris, de même qu’à Douarnenez, il y a des hommes qui emploient utilement leurs heures pour le profit et le bien des autres, qui ne les consacrent pas toutes à leurs… distractions. Il y en a d’autres aussi qui font le contraire. Et vous pensez que j’appartiens à la catégorie de ces derniers ?
— Oh ! Guy, j’espère que non !…
— Vous espérez ?… Vous êtes dure, enfant ! A quoi voudriez-vous donc m’occuper ?
— Je ne sais pas… Je suis trop ignorante pour démêler ce que doivent faire d’utile les jeunes gens comme vous…