Oh ! cette Jeanne, qui nous avait brouillés !
Tout à coup, j’ai tressauté en entendant Madeleine me demander :
— Arlette, pourquoi tourmentes-tu ainsi tes cheveux, avec des yeux absents ?
— Je réfléchis…
— Tu réfléchis ?…
— Oui, je pense, autant que les vieilles gens, que la vie est une lamentable chose ! ai-je fait, ne pouvant plus garder pour moi seule ma désolation.
Mais, au lieu de me répondre par des paroles compatissantes, Madeleine a souri :
— Oh ! Arlette, quelle misanthropie ! Que t’est-il advenu cet après-midi ?… Tu n’es plus la même depuis tantôt. Guy l’a remarqué comme moi et m’a demandé pourquoi tu avais cette figure sombre…
Comme je ne pouvais avouer à Madeleine la vérité, j’ai remis en avant mon mal de tête.
Elle était trop discrète pour insister ; voyant que je ne voulais rien raconter, elle est partie en disant : « Bonsoir ! »