En effet, c’était bien Guy qui arrivait, les prunelles curieuses. Il échangea un léger signe d’intelligence avec sa sœur, tout en s’inclinant devant Mme Harvet, et recueillant au vol les mots que lui jetait Arlette tout bas :

— Vous allez voir, Guy, quel drôle de monsieur est avec Mme Harvet…

Celle-ci, empressée, se disposait à accomplir de nouvelles présentations ; mais avant même que les hommes eussent eu la possibilité d’échanger la moindre parole, une voix furieuse s’élevait derrière le groupe, apostrophant la bonne des rejetons Amelot :

— Ah çà, la fille, vous ne pouvez donc pas faire attention à vos mioches ! Regardez donc votre garçon, sapristi ! Ah ! le mâtin !

Tous se retournèrent. Pendant que la bonne tâchait de distraire la gémissante Pauline toujours acharnée à vouloir monter sur le chameau, son frère n’avait trouvé rien de mieux, pour se distraire, que d’arracher toutes les fleurs qui se trouvaient à sa portée et d’en parsemer le sable des allées. A la main, il tenait encore une superbe branche fleurie. Le garde exaspéré la lui arracha, et aussitôt des clameurs s’élevèrent, tellement assourdissantes que, de tous les coins de la serre, des promeneurs apparurent.

— L’administration vous fera payer de pareils dégâts, répétait le gardien toujours furibond. Quand on a pour enfants des galopins pareils, on les surveille, tonnerre !

Très rouge, M. Amelot gronda à son tour :

— Tâchez d’être poli, d’abord… Et toi, dépêche-toi de te taire, maudit gamin ! Entends-tu ce que te dit ton père chéri… entends-tu ?

Si le petit entendait, il n’y paraissait guère. Ses hurlements retentissaient, d’autant plus qu’il sentait les foudres paternels prêts à tomber sur sa tête.

— Ah ! tu ne veux pas te taire ?… Eh bien, tu vas crier pour quelque chose !…