— Il était un peu mieux quand je l’ai quitté.
— Un peu, seulement !… Qui est auprès de lui ?
— Mme Morgane.
— Blanche aussi ?
— Blanche est revenue de Châteaulin avec sa mère.
— Et moi, sa petite, je suis loin !… je ne le soigne pas !… je reste à Paris comme une indifférente, quand il me demande, peut-être !… Et si vous n’aviez pas eu besoin de venir à Paris, vous ne m’auriez pas rappelée…
Elle s’arrêta court. Un involontaire geste de protestation avait échappé à Mlle Catherine, et une lueur soudaine, aveuglante, se faisait dans l’esprit d’Arlette.
— Vous êtes venue me chercher ! Vos affaires à Paris n’étaient qu’un prétexte !… Alors, c’est qu’il est très malade… Car vous ne me cachez rien de plus, n’est-ce pas ?… Il n’est pas…
Elle n’acheva pas, haletante, devenue d’une pâleur de cire blanche. Mlle Catherine l’attira tendrement vers elle :
— Ma petite fille, je ne te cache rien… Ne t’affole pas ainsi. Dans deux jours, tu verras par toi-même que je t’ai dit la vérité, et tu pourras soigner ton père autant que tu le désireras, jouir de votre réunion, dont lui-même est déjà si heureux à l’avance.