Et elle appela :
— Corentin ! Corentin !
Une porte s’ouvrit, et le jeune garçon apparut. Sa grosse figure était bouffie par les larmes, et Guy, éprouvant tout de suite de la sympathie pour lui, serra affectueusement ses lourdes mains de collégien. En silence, Corentin écouta l’ordre de sa mère et monta devant Guy, qui le suivait, le cœur battant à grands coups dans sa large poitrine.
— C’est ici ! fit-il d’un accent étouffé.
Puis, très bas, suppliant et confus, il finit vite :
— Soyez bien bon pour Arlette, dites !… Elle est si malheureuse !… Nous ne pouvons rien pour la consoler un peu, Yves et moi…
Et, sans attendre un mot de Guy, effrayé de sa hardiesse, il s’enfuit.
Des cierges étoilaient la chambre presque obscure où le pauvre Yves Morgane avait souffert tant d’heures douloureuses… Maintenant la paix infinie était tombée sur lui… Au pied du lit, écrasée sur le sol, se détachait une forme mince.
Au bruit de la porte, Arlette ne tourna pas même la tête. Elle demeura à sa même place, les yeux arrêtés sur le visage marmoréen de son père, farouchement étrangère à ce qui se passait autour d’elle… Alors Guy appela presque bas, la voix vibrante d’une pitié infinie et tendre :
— Arlette, me voici, Arlette !