Avec docilité, Madeleine obéit. Les fiancés la suivirent machinalement. Tout occupés l’un de l’autre, comment avaient-ils vu l’admirable spectacle ?… à travers quelles pensées et quels espoirs ?
Arlette, qui s’était retournée à la voix de sa tante, les enveloppait d’un regard attentif et étonné.
Et sur les lèvres de Guy, jaillit de nouveau une question devant ce regard :
— Qu’y a-t-il ? Pourquoi contemplez-vous ainsi Charlotte et Pierre ? Vous trouvez que, devant votre amie la mer, ils n’étaient que des profanes, indignes de la voir ?
— Non, ce n’est pas cela… Non…
— Quoi, alors ? Est-ce qu’il serait très indiscret de vous le demander ?
— Oh ! non !… Je pensais que Charlotte paraissait très contente de se marier !
— Mais, bien entendu, elle l’est ! Pourquoi ne le serait-elle pas ?
— Parce que c’est très ennuyeux d’être mariée ! Il faut faire des comptes, surveiller la cuisine, la lessive, gronder les domestiques, se fâcher après ses enfants, dire des choses désagréables à son mari, à moins de ne rien lui dire du tout…, ce qui est peut-être encore plus ennuyeux.
— Quoi encore ?… grand Dieu ! Quelle singulière opinion vous avez du mariage ! Où avez-vous pris qu’il apportait à la femme les obligations dont vous la gratifiez généreusement ?