Mme Chausey répétait :
— Guy, dépêche-toi, si tu ne veux pas manquer le train ; ton équipage ne demande qu’à t’emporter. Promène-toi bien à Douarnenez en nous attendant. Si le temps te semble trop long en notre absence, va faire connaissance avec la famille que nous avons par là-bas.
— Ah ! oui, la famille que tu nous as découverte à Douarnenez !
— Découverte ! Pas le moins du monde !… Voyons, Guy, rappelle-toi… Hier encore, je t’ai expliqué que le docteur de l’endroit, Yves Morgane, était un cousin à nous, par sa première femme.
— Cousin à la mode de Bretagne !
— Mais non, un cousin authentique, à la mode de tous les pays… Guy, ne plaisante pas toujours ainsi… Tu es insupportable !
— Cousin authentique ou non, peu m’importe, dit-il avec un rire insouciant. Je n’ai nulle envie d’aller faire la connaissance de cet estimable Douarneniste. D’ailleurs, puisqu’il est aujourd’hui en puissance d’une nouvelle épouse, il ne m’est plus parent, non plus que la smalah d’enfants dont tu le dis gratifié par cette nouvelle épouse. Tu iras le voir si bon te semble, Louise, ma très aimable et très sociable sœur ; mais, pour mon compte, je laisserai cet Esculape, excellent, je n’en doute pas, à ses malades.
— Monsieur, il serait temps de partir, insinua timidement le cocher, qui, du bout de son fouet, caressait les oreilles de ses petits chevaux.
Guy regarda sa montre :
— Diable ! c’est vrai, l’heure avance. En route ! Louise, mes nièces, au revoir. Dans deux jours, donc, je vous attendrai.