Guy, cette fois, se mit à rire franchement :
— Je crois que vous ne courez aucun risque de ce genre. Mais, dites-moi… est-ce que je vous intimide aussi ?
Ses yeux limpides plongèrent dans ceux du jeune homme, qui avaient perdu leur expression railleuse, et, en toute sincérité, elle répondit :
— Non, vous ne m’intimidez pas, surtout en ce moment où vous n’avez pas l’air moqueur. Les hommes, d’ailleurs, m’effrayent beaucoup moins que les femmes. Je n’en ai jamais vu que de bons, tandis que des femmes !…
— Eh bien, alors, savez-vous ce qu’il faut faire, petite Arlette ? Il faudra, quand vous en aurez besoin, user sans scrupule de ce que j’ai à vous offrir d’expérience mondaine, y recourir dès que vous serez embarrassée, dès que je pourrai vous être bon à quelque chose…
Elle l’écoutait interdite, ravie, n’osant croire aux paroles qu’elle entendait :
— Et je pourrai vous dire tout ce que je voudrai, vous demander tout ce que je voudrai, vous parler de ce qui m’intéresse, comme je le faisais avec le capitaine ?
— Mais, certainement ! répliqua Guy, amusé de se voir mis au même rang que le capitaine.
— Et cela ne vous ennuiera pas ?
— Au contraire, je serai extrêmement fier, si vous voulez bien me faire l’honneur de me considérer comme un grand ami auquel vous pourrez, autant que vous le souhaiterez, parler de votre « chez vous », de ce qui vous tient au cœur, vous est plaisir ou peine…