Certainement, cela me faisait plaisir pour moi de savoir qu’au mariage de Charlotte, je serais tout à fait Cendrillon métamorphosée par sa marraine ; mais cela me charmait bien plus encore pour Guy, avec qui je quête. J’étais certaine, de cette façon, de n’être pas pour lui un sujet de honte, ainsi que me l’avait prédit Mme Morgane, et Blanche surtout, qui n’a pas manqué une occasion de me répéter que Guy, me trouvant si peu à la mode de Paris, ne voudrait pas quêter avec moi, etc. Le plus malheureux, c’est que, sans l’avouer, je m’étais mise à le croire depuis que je pouvais me comparer à mes cousines ; il finissait par me sembler que Guy devait sûrement me juger de la sorte.

Aussi, comme j’étais maintenant tranquillisée, j’ai voulu qu’il le fût tout de suite, lui aussi. Et pendant son apparition d’un instant à la maison, le soir de cet après-midi mémorable, je lui ai annoncé qu’il verrait une Arlette transformée au mariage de Charlotte et n’aurait pas à rougir de ma tenue de campagnarde, comme disait Blanche.

— Alors, vous serez très belle ?

Modestement, j’ai répondu :

— Je serai gentille… j’espère…

— Et vous êtes ravie de cette perspective ?

— Oh ! oui !

Ce sourire, dont je n’arrive pas encore à démêler le sens, a couru sous sa moustache :

— Voilà un « oh ! oui ! » bien convaincu… Hum, mademoiselle Arlette. Est-ce que Paris ferait déjà sentir sur vous son influence néfaste ? Est-ce qu’il vous rendrait coquette ?

— Oh ! non, je l’étais déjà à Douarnenez.