— Moi ! vraiment, moi ?

Cela me semblait impossible. Eh bien, j’avais tort ! Le ravissant nuage rose est devenu une jupe, ravissante aussi, et qui me donnait un air de jeune fille tout à fait ! Je me regardais enchantée, quand mes yeux se sont arrêtés sur le corsage que m’attachait l’essayeuse, et une exclamation m’a échappé :

— Oh ! quel malheur ! Il manque un grand morceau au corsage !

Ma tante, Charlotte, Madeleine, l’essayeuse, ont, d’un commun accord, fixé les yeux sur le corsage.

— Il manque un morceau ? Où donc ?

— Mais, dans le haut… On voit toutes mes épaules, tous mes bras ! Qu’est-ce que l’on va faire ?

J’étais désolée. Au lieu de consolations, qu’est-ce que j’entends ? Un rire général, et Charlotte me dit, au milieu de cet accès de gaieté extraordinaire :

— On ne fera rien du tout à ton corsage. Il ne lui manque pas de morceau… C’est un corsage décolleté… il est bien ainsi !

J’étais stupéfaite et scandalisée.

— Comment ! il faudra que j’aille au bal ainsi déshabillée ? Madeleine, entends-tu ? pour le coup, ce n’est pas convenable de se comporter de la sorte !