J’ai continué mes insinuations, mais dans un autre sens.

— Ah ! Madeleine, puisque tu ne veux pas marcher, montons dans un omnibus. Ce sera bien plus gai qu’un fiacre !

— Je ne sais si cela plairait à maman…, a fait Madeleine sans enthousiasme.

— Est-ce que ce n’est pas convenable de monter en omnibus ?

— Oh ! si… Mais…

— Je t’en prie, Madeleine, ne trouve pas de « mais… » Miss Ashton, vous voulez bien ?

Vaguement, miss Ashton a fait un signe quelconque, et Madeleine, résignée, a fini par me dire :

— Allons en omnibus, puisque ce genre de véhicule te plaît autant.

Elle-même a pris les numéros, et elle, l’aristocratique Madeleine, a, ainsi qu’une simple mortelle, attendu qu’il y eût des places pour nous. Elle a eu l’air encore moins charmée quand elle s’est trouvée assise à côté d’un gros monsieur soufflant à la façon d’un phoque, et en face de deux jeunes gens très pimpants qui nous ont tout de suite fait les honneurs — intempestifs — de leur attention.

… Tout à coup sur la plate-forme est montée une femme maigre, jaune, chétive, avec un poupon gros et laid dans les bras, et elle est restée debout, ballottée par tous les mouvements de l’omnibus. Je pensais qu’elle devait être très mal, ainsi chargée de son enfant, et j’ai glissé à l’oreille de Madeleine, toujours digne :