L’orgue a joué la marche nuptiale du Songe — qui devait leur rappeler un certain soir !… — tandis qu’ils s’avançaient vers l’autel étincelant de lumières, entouré de fleurs comme un reposoir.

Tout a très bien marché ! le sermon, qu’on n’a pas entendu ; la messe, qui n’a pas été longue ; les conversations dans l’église, qui n’ont pas trop dépassé les bornes ; les chants, superbes ; le défilé, à la sacristie, d’une heure pleine, pendant laquelle les suisses ont répété, sans se lasser :

— Prenez garde à vos poches, messieurs, mesdames !

C’était flatteur pour les invités !

Comme nous sortions de l’église, nous avons trouvé, sur les marches, tout un régiment de messieurs. Ayant découvert le moyen de s’échapper les premiers, ils étaient là, tranquilles, curieux, à examiner les pauvres dames qui descendaient. Oh ! les hommes !

Je regardais, moi aussi, innocemment, obligée de saluer à chaque minute, comme maman, quand tout à coup j’ai été très surprise d’apercevoir M. Chambert. Lui aussi m’a vue ; il m’a fait un profond salut…, pour moi surtout, puisqu’il n’avait jamais rencontré maman.

J’ai été très flattée qu’il m’ait reconnue, car nous n’avons encore eu que deux conférences, et il semble si peu faire attention à nous !…

Comme il ne mérite pas que je sois aimable avec lui, j’ai répondu seulement par une toute petite inclinaison de tête, bien digne.

Il était très distingué dans son pardessus à col de fourrure !

… Ce soir, j’écris solitairement dans ma chambre ; papa et maman sont aux Français, et il me vient beaucoup d’idées graves.