— Michel, ma bonne dame, Michel.

— Ah ! Michel ?…

Je donne la pièce promise, et je rejoins bien vite Germaine, qui me demande ce que je voulais à cet affreux petit garçon.

Je réponds au hasard :

— Je le questionnais parce que je le trouvais très gentil.

Nous descendons les marches, et nous retrouvons Suzanne, Mme de Vignolles, toute notre colonie habituelle de la messe de onze heures, sans oublier le petit sous-lieutenant, M. de Boynes, qui est devenu mon fidèle chevalier, depuis qu’il est en garnison à Paris.

Devant l’église, une fillette nous offre des bouquets de violettes et de narcisses jaunes venant de Nice, qui semblent tout frissonnants sous notre ciel de Paris… Et ces fleurs, et le beau soleil qui glisse sur les toits encore çà et là couverts de neige, et les messieurs chargés de paquets, et les femmes qui passent frileuses dans leurs fourrures, le visage rosé par l’air vif, tout a l’air de dire : « Bonne année ! Bonne année ! »

Mais Patrice, qui ne voit rien de tout cela, gémit qu’il a froid ; et nous voilà partis, moi répétant toujours ce nom de Michel.

— Michel ! Je ne connais pas de Michel. Je n’en ai vu que dans les romans de Mme Gréville : c’est un nom russe… Peut-être, alors, me marierai-je avec un prince russe… Ce serait assez bien s’il ne m’emmenait jamais en Russie !

En arrivant à la maison, dans l’antichambre, j’aperçois des cartes de visite sur un plateau. Je jette un coup d’œil, et sur l’une d’elles je lis : « Michel Chambert, rue de Lille. »