Il m’a semblé alors que mon cœur faisait un grand saut dans ma poitrine !… Ah ! il s’appelait Michel, notre dédaigneux M. Chambert !… Quelle drôle de chose !… Michel ! comme le petit garçon de l’église !

J’ai attendu que maman ait vu les cartes ; j’ai même fait des yeux étonnés quand elle a dit :

— Ah ! M. Chambert a envoyé la sienne.

Et je lui ai demandé d’un air tranquille si elle voulait bien me la donner ; car enfin, elle était un peu pour moi, cette carte, puisque c’est moi qui vais écouter les conférences !

Maman, ne sachant pas que j’avais trouvé un pauvre appelé Michel, a cru à une fantaisie, et, avec sa permission officielle, j’ai pris la carte.

Maintenant elle est à moi !… dans la boîte des souvenirs de cotillon.

Louis ?… Antoine ?… ou Michel ?… J’aimerais mieux Michel !

10 janvier.

Il n’est pas froid ! Il n’est pas dédaigneux ! Il n’est pas intimidant ! Je suis contente ! oh ! mais contente !… Comme tout s’arrange bien en ce monde sans que nous nous en mêlions !

Ce matin, à déjeuner, maman me dit de m’habiller pour trois heures, parce que nous irons faire des visites.