Au lieu de nous faire, comme à l’ordinaire, une conférence, n’imagine-t-il pas de nous demander d’analyser devant lui, séance tenante, des morceaux de poésie qu’il venait de nous lire ! C’était de Coppée, plusieurs scènes du Passant et une autre fort dramatique de Severo Torelli.
Je baisse la tête sur mon cahier de notes, faisant semblant d’être très absorbée, tant je craignais qu’il ne m’interrogeât. Mais il s’adresse à Charlotte Verly.
Pauvre Charlotte ! C’était terrible de répondre ainsi devant plus de cinquante personnes.
Aussi elle ne répondait rien. Lui essayait de la secourir.
— Voyons, mademoiselle, vous pensez certainement quelque chose des deux pièces de vers que vous venez d’entendre ?
Elle (très bas et très rouge) :
— Oh ! oui, monsieur !
— Eh bien ! mademoiselle, faites-nous part de vos impressions… Trouvez-vous qu’elles se ressemblent ?
— Oh ! non, monsieur !
— Quelle différence voyez-vous entre elles ?… Prenons d’abord Severo Torelli, si vous voulez bien.