Mon fidèle chevalier devient insupportable ; je suis bien libre d’aimer à causer avec M. Chambert !…
Jeanne et Georges Landry m’ont arrêtée pour savoir à quelle heure nous nous retrouverions aux courses.
Là-dessus, papa a demandé à M. Chambert s’il n’y allait pas aussi.
J’écoutais de tout mon cœur, en faisant semblant de m’intéresser à la description d’une robe neuve de Jeanne. Il a répondu qu’il avait promis d’accompagner son frère et sa belle-sœur à Lamoureux.
Cette raison m’a eu tout l’air d’un prétexte ! car, enfin, M. Raoul n’a pas besoin qu’on l’« accompagne », et Mme Raoul, étant pourvue de son mari, pouvait bien nous laisser son beau-frère !…
22 mars.
Nous sommes en plein carême en ce moment ! Aussi, les bals se succèdent… et mes maladresses aussi !
C’est désolant ! mais j’en fais beaucoup plus depuis que je suis résolue à devenir une femme sérieuse.
Si maman savait ce qui m’est arrivé, hier soir, au bal, chez Mme de Rally… Ah ! je crois bien qu’elle ne voudrait plus m’emmener nulle part !
Une très belle réunion, beaucoup de jolies femmes et de messieurs dans les embrasures de fenêtres et de portes. Ces derniers ne quittaient guère leur refuge ; passé l’âge du volontariat, plus ils sont jeunes, moins ils dansent : « C’est une règle inverse », comme on nous disait au cours ; de sorte que plusieurs jeunes filles restaient à leur place.