Mme de Rally, une grande et forte femme, avec des yeux charmants, trop de cheveux sur le front et des diamants superbes, allait de droite et de gauche, distribuant des sourires, et demandant aux jeunes filles, sans écouter la réponse :

— Eh bien ! mesdemoiselles… vous amusez-vous ?

Naturellement, toutes, même celles qui ne bougeaient pas, — et pour cause, — murmuraient un : « Oui, madame ! » souriant.

Jeanne et moi, nous n’avions que faire des présentations, car nous connaissions tous les danseurs. Pourtant, comme je revenais à ma place, après une valse avec M. de Boynes, Georges Landry s’approche, escorté d’un jeune homme, et me dit :

— Voulez-vous, mademoiselle, me permettre de vous présenter mon ami, M. Philippe de Rouvres ?

J’adresse un petit salut à M. de Rouvres et je le regarde. Je vois un visage très brun, avec des yeux très ordinaires, des cheveux très ondulés et un sourire satisfait… Oh ! très satisfait !!!

Il m’adresse la demande de rigueur :

— Puis-je espérer, mademoiselle, que vous voudrez bien me faire l’honneur de m’accorder une valse ?

J’examine mon carnet.

— La dixième, monsieur, si vous voulez bien.