On en était à la quatrième. Il prend un air presque froissé.
— Elle me semblera bien longue à venir. Ne pourriez-vous me donner autre chose avant cette valse, mademoiselle ?
Je réponds avec un faux air de regret :
— J’ai tout promis, monsieur.
Ce n’était pas rigoureusement vrai ! Mais ce M. de Rouvres me déplaisait avec ses cheveux trop ondulés et son sourire suffisant.
Il me fait un petit salut de tête bien raide, bien correct :
— Je regrette infiniment, mademoiselle. Alors, la dixième valse !
Ah ! cette dixième valse vint trop vite !… Je m’éloigne à son bras, très décidée à ne pas commencer de conversation.
Nous nous mettons à danser ; il valsait mal, très mal. Au bout de deux tours, j’étais édifiée sur son talent ; je l’arrête, et j’attends toute droite comme une petite pensionnaire qu’il se décide à dire quelque chose.
Je n’étais pas très charitable, je le sentais bien… Mais tant pis ! puisqu’il ne savait pas danser, il fallait au moins qu’il parlât.