— Je l’ai rencontrée l’année dernière à Biarritz.

Ainsi, il l’avait rencontrée, c’était vrai ! Et si le reste allait être vrai aussi !…

— Et vous la connaissez beaucoup, n’est-ce pas ?… ai-je continué bravement ; mais je sentais que ma voix tremblait. Elle est très belle ?

— Il me semble, en effet, qu’elle est fort jolie. Mais je l’ai peu vue… Mon frère Maurice pourrait mieux vous renseigner que moi ; elle l’avait enthousiasmé.

Je comprenais maintenant ! Philippe de Rouvres avait confondu les deux messieurs Chambert !…

Oh ! comme c’était délicieux de ne plus avoir cette terrible crainte !!!

Mes yeux devaient être bien rayonnants, car il m’a demandé :

— Est-ce l’admiration de mon frère qui vous amuse ainsi ? S’adressait-elle donc à une fausse Mlle d’Alvaro ?

— Oh ! non ! c’était bien la vraie ! Je ris parce que… parce que je suis si contente de ma journée !

Nous étions devant la sortie. Par la porte grande ouverte, j’apercevais la pleine lumière de cette belle journée de printemps, le ciel d’un bleu très doux, les marronniers en fleur, le soleil qui semait les jets d’eau de petites étoiles éblouissantes… Oh ! comme il était bon de vivre, d’être jeune, de pouvoir espérer !…