— Oh ! non, ai-je dit, sortant la tête de mon mouchoir ; je ne le voudrais pas ! Mais si vous le faisiez interroger sans avoir l’air de rien par Mme de Simiane ?

Il me venait étonnamment d’idées depuis que je voyais maman s’adoucir un peu.

— Je vous en supplie, demandez à Mme de Simiane… Je le sens bien, jamais, tant que je ne serai pas sûre qu’il ne songe pas à moi, je ne pourrai accepter un autre mariage !

Maman ne répondait rien. Elle était si absorbée qu’elle n’entendait même pas Patrice galoper dans la serre, en criant : « Maman ! » sur l’air de Marlborough.

J’avais une frayeur terrible d’en être pour mes frais d’éloquence.

A la fin, elle m’a dit pensivement :

— Nous tâcherons que tu sois heureuse, ma Paulette ; calme-toi… Mais n’oublie pas qu’en ce monde, ma chérie, il faut toujours regarder les choses, non pas seulement avec les yeux de l’imagination, mais aussi avec ceux de la raison.

Maman disait cela facilement, du haut de sa sagesse de mère ; mais moi !… Je ne pouvais pas le penser !

Elle ne semblait plus trop fâchée. Pourtant, je crois qu’au fond du cœur, elle regrettait bien de m’avoir conduite au cours.

Ce n’est certes pas moi qui lui avais demandé de m’y envoyer !