— Oui, mon enfant.

Je me suis soulevée et l’ai regardé bien en face.

— Eh bien ! papa, je n’épouserai pas M. de Rouvres, car je veux être une honnête femme !… Je veux estimer mon mari, avoir confiance en lui, sentir qu’il m’est supérieur, afin qu’il me garde contre moi-même… Je ne veux pas craindre en l’épousant de rencontrer ensuite un homme qui me plaise plus que lui !…

Je me suis arrêtée hors d’haleine.

La nuit était presque entièrement venue ; mais je sentais sur moi le regard de papa, son beau regard loyal…

Il a murmuré comme se parlant à lui-même :

— Qui aurait cru qu’il y avait tant de sagesse dans cette petite tête ?

Et il m’a attirée tout contre lui.

J’étais si bien là, avec cette chère espérance qui me montait au cœur… Et j’aurais voulu rester encore longtemps dans ce silence qui me laissait faire toutes sortes de rêves doux et bons !…

Mais au bout d’un instant, papa m’a dit :