— Si pourtant ce mariage n’était pas possible, Paulette, tu serais raisonnable ?
J’ai relevé la tête.
— Oui, papa, je serais… je serais très malheureuse !
Le domestique entrait avec les lampes ; je me suis sauvée bien vite… Mais je me sentais moins tourmentée : papa prend mon parti !…
15 mai.
Je m’habillais pour le dîner. Anna est venue me dire que maman me demandait.
Je n’ai pas été longue pour aller la trouver. Elle ôtait son chapeau. Aussitôt que je suis entrée, elle a renvoyé la femme de chambre ; et puis elle a commencé :
— Je reviens de chez Mme de Simiane, Paule ; elle a vu M. Chambert.
J’aurais dû être rassurée par le bon sourire de maman ; mais c’était plus fort que moi !… je suis devenue toute blanche, si blanche qu’elle a eu peur :
— Paule, ma chérie ! ne te trouble pas ainsi ! Je t’apporte de bonnes nouvelles !