— De bonnes nouvelles ?… Oh ! maman, dites, dites-moi tout !
Je n’étais plus pâle, au contraire ; je sentais mon sang courir très vite dans mes veines ; et la chambre me semblait pleine de soleil.
Alors, maman m’a tout raconté.
M. Michel dînait lundi chez Mme de Simiane. D’une façon bien naturelle, elle s’est arrangée, dans la soirée, pour avoir un moment de tête-à-tête avec lui, et a mis la conversation sur moi, me critiquant un peu… (chère Mme de Simiane, qu’elle était bonne !) pour savoir ce qu’il répondrait…
Alors, il m’a défendue si bien, avec tant de chaleur, que Mme de Simiane, qui voyait ce qu’elle désirait, lui a dit soudain avec sa franchise terrible :
— Mais, mon cher ami, vous êtes amoureux de cette enfant !!… Pourquoi ne la demandez-vous pas ?…
Il se défendait, répondant par des phrases vagues ; et puis, brusquement, comme elle insistait, il lui a avoué qu’elle avait deviné juste, que bien des fois, cet hiver, il avait fait ce rêve… — Ce « rêve », quel joli mot !… Éveillé, on rêve seulement aux choses que l’on désire…
Mais il savait bien, a-t-il ajouté, qu’il souhaitait là une chose impossible ! Il comprenait que papa et maman eussent le désir d’un brillant mariage pour moi… D’ailleurs, lui-même ne voulait pas abuser de la confiance qu’on lui avait montrée en nous laissant suivre ses conférences… Et il aimait mieux partir afin de s’ôter la tentation de faire une demande inutile qui nous séparerait complètement… etc., etc.
Mon Dieu ! Comment un homme d’esprit peut-il dire tant de sottises !…
Heureusement, je ne l’entendais pas, car j’aurais eu bien peur qu’il ne refusât jusqu’au bout.