Je ne le voyais pas, car j’étais occupée à tamponner mon mouchoir sur ma figure ; mais j’ai senti que ma réponse l’avait rassuré, et il m’a demandé :
— Il vaut mieux alors que j’aie l’air impatienté comme ce certain jour…
Il n’a pu achever ; je m’étais mise à rire de tout mon cœur au souvenir de ce fameux jour qui, maintenant, me paraissait loin… si loin !!
Mes larmes étaient séchées. Mais je lui ai recommandé de ne pas me regarder encore, parce que je ne devais pas être bonne à voir ; et j’ai continué :
— C’est pourtant moi qui vous ai demandé en mariage ! en dehors de toutes les règles !…
Il a repris mes mains et m’a tout doucement attirée vers lui.
Oh ! comme cela était divinement bon de sentir qu’il me donnait toute sa vie !… Il me semblait qu’auprès de lui, aucun malheur ne saurait m’atteindre…
— Je ne pouvais pas espérer que la petite Paulette voudrait bien se laisser aimer par le « détestable » M. Chambert !…
— Et vous m’auriez laissée épouser M. de Rouvres ou n’importe quel autre !… Et ensuite, vous seriez venu me faire des visites de cérémonie, dans les grandes circonstances, n’est-ce pas ?…
Malgré moi, ma voix tremblait ; et je n’osais pas faire un mouvement, car je croyais être dans un rêve délicieux et j’avais peur de me réveiller !