Mme Vésale, sans paraître avoir entendu, continua :
— Enfin, c’est absolument un homme du monde dans sa façon de s’habiller, de causer…
— Ah ! vous avez causé avec lui ? questionna la colonelle avec un vif intérêt.
Mme Vésale, sûre de produire son effet, dit négligemment :
— Après la conférence, nous avons été le voir dans les salons particuliers de la marquise de Bitray. Et il a été charmant, ce jour-là, de même qu’il l’a été quand mon mari lui a rendu visite chez lui et, en même temps, a présenté ses hommages à Mme Morère.
Toutes ces dames s’exclamèrent :
— Comment, il est marié ?
— Non…, non…, Mme Morère est sa mère… Une femme parfaite, qui a reçu Agnès de la façon la plus affectueuse ! Mon mari en a été touché, ainsi que de la courtoisie délicate de son fils envers notre Agnès.
— Qu’est-ce qu’Agnès allait bien faire chez ce monsieur ? interrogea Mme Salbrice, railleuse. Est-ce qu’elle le suppliait aussi de venir faire une conférence pour l’édification des mécréants de Beaumont ?
— Chère amie, croyez que le commandant n’a nullement supplié M. Morère, et n’avait pas besoin de le faire. Non, Agnès n’allait pas supplier (elle appuya sur le mot) M. Morère de venir à Beaumont… Elle allait voir sa mère, qui avait manifesté le désir de la connaître…