— Alors tu ne veux rien me dire ?
D’une voix plus lente, Agnès fit :
— Mais je n’ai rien à te dire…
— Ah ! vilaine mystérieuse ! Tu crois donc que je ne m’aperçois pas de la conquête que tu as faite !
— Une conquête ? Moi !!!
— Voyons, Agnès, il est impossible que tu ne te sois pas aperçue que tu étais en train d’apprivoiser tout à fait « mon fils Paul » ?
— Je l’apprivoise ! répéta-t-elle, saisie ; et dans sa surprise, il y avait une déception.
— Dame !… ça m’en a tout l’air… J’imagine que ce n’est pas pour mes beaux yeux qu’il a daigné, tout à l’heure, s’asseoir parmi nous à la musique, lui qui déteste les papotages féminins, comme il dit.
— C’est justement pourquoi, Cécile, il ne peut faire attention à moi !
Quelle idée avait Cécile de l’entretenir de ce docteur Paul, dont elle se souciait autant que des vieilles neiges…