— Mais, petite Agnès, il n’a pas l’air de s’ennuyer du tout quand il t’écoute parler, et il cause avec toi comme avec aucune autre jeune fille à Beaumont !

Naïve, elle questionna :

— Alors, je ne suis donc pas trop ennuyeuse ?

— Mais pas trop ! répéta Cécile en riant. Quand tu consens à sortir de ta coquille, petite perle, personne ne s’en plaint !

Agnès ne répondit pas. Elle ne songeait pas au docteur Paul, mais à un autre qui, à Paris, avait paru très volontiers causer avec elle. Et une sensation de joie lui traversa le cœur… Hésitante, elle interrogea encore :

— Alors, vraiment, Cécile, tu crois que… même un homme sérieux…, bien supérieur aux autres…, peut faire un peu attention à moi ?

— Oui, je crois la chose possible ! répliqua Cécile, rieuse.

Agnès continuait de son même accent, les joues plus roses encore :

— Alors… quand on plaît à quelqu’un, ce quelqu’un-là vous écoute causer, vous regarde avec des yeux qui lisent en vous !…

— Justement… Ah ! la maligne enfant ! Comme elle sait reconnaître les symptômes significatifs… Tu as très bien deviné, Agnès. Les hommes animés de bonnes intentions au sujet des jeunes personnes telles que toi commencent par les regarder, par les écouter, puis leur parler, et pour finir…, ils les épousent !!!