— Me donner Mlle Josette pour…

— Pour femme, oui… Car vous n’êtes pas destiné à vivre seul…

— Non, mais ce serait fou à moi d’espérer une femme telle que celle-là !… Vous êtes cruelle, madame. Pourquoi me tentez-vous ?

Ainsi qu’elle l’avait prévu, dans le crépuscule approchant, il ne pouvait observer son visage ; il ne pouvait voir que, fixement, elle regardait l’anneau d’or qu’elle portait au doigt, — symbole du lien qui avait enchaîné sa vie… Il ne savait pas que d’un mot, il l’eût fait sangloter, comme sanglotent les jeunes quand un coup trop dur les atteint…

— Je vous tente en quoi ? mon ami…

— Mais en me jetant dans la pensée, dans le cœur, dans tout l’être enfin, le rêve irréalisable d’épouser cette enfant…

— Irréalisable… pourquoi ? Parce que… vous ne l’aimez pas ?

De toute son âme, elle l’interrogeait. Presque rudement, il jeta :

— Mais parce que je ne puis espérer être, moi, aimé d’elle qui n’a qu’à choisir parmi tant de jeunes hommes autrement séduisants que moi !… A ses yeux, je ne suis, je ne peux être qu’un vieil ami, en qui elle a confiance, parce qu’elle sait que vous voulez bien me témoigner un peu de sympathie et qu’elle a, en vous, une foi absolue…

— Ne parlez pas ainsi, il me semble entendre Mme de Maulde.