— Le plus beau jour de ma vie fut celui de ma première communion.
Elle voudrait se sentir heureuse infiniment. A peine est-elle émue, et encore n’est-ce que d’une vague frayeur.
Elle marche comme elle peut, en boitant. Sur sa langue, l’hostie se recroqueville. C’est tout. C’est fini. Il y a des âmes, autour d’elle, en qui fleurissent des roses miraculeuses. En elle, c’est une pauvre fleur, comme une de ces roses artificielles, en papier doré, qui luisent sur l’autel, entre les cierges.
Fais donc attention de ne pas emporter la nappe avec ta scie, bon Dieu !…
Pour rien au monde, la mère Panainnin ne s’abstiendrait de jurer, même en ce soir paisible et chaud que parfume l’encens de la première communion. Elle a, sur le chignon, un bonnet blanc dont les brides caressent ses joues enflammées.
Pour rien au monde non plus, le père Panainnin ne cesserait de traîner sur les carreaux, aujourd’hui propres, ses sabots sales, ni de tenir par la corde sa scie qu’il balance et qui menace de déchirer, d’entraîner la nappe déjà chargée d’assiettes et de verres. Il répond simplement :
— Fous-moi la paix !
traverse la pièce, ouvre la porte de la cave et pose sa scie dans le coin réservé aux outils.
— En voilà, une façon de dire bonjour au monde !